Les États-Unis et le Venezuela amorcent un rapprochement prudent après plusieurs années de rupture diplomatique, dans un contexte politique et sécuritaire instable.
Les États-Unis et le Venezuela ont enclenché, le vendredi 9 janvier 2026, un processus de rapprochement diplomatique mettant fin à plusieurs années de rupture officielle. Cette évolution intervient quelques jours après la chute et l’arrestation de l’ancien président Nicolás Maduro, événement qui a profondément modifié l’équilibre politique du pays, rapporte la RFI.
Des diplomates américains ont été dépêchés à Caracas afin d’examiner les modalités d’une reprise graduelle des relations bilatérales. Parmi les points abordés figurent la possible réouverture de l’ambassade des États-Unis et la reprise des canaux diplomatiques gelés depuis 2019.
En parallèle, le gouvernement intérimaire dirigé par Delcy Rodríguez a annoncé qu’une délégation vénézuélienne se rendrait prochainement à Washington. Les deux parties affirment vouloir avancer prudemment, sans évoquer pour l’instant un changement de régime formel.
Ce dégel diplomatique s’accompagne de mesures internes présentées comme des signes d’apaisement. Les autorités ont entamé la libération progressive de détenus qualifiés de prisonniers politiques par les organisations de défense des droits humains et par l’opposition.
Selon ces dernières, plusieurs figures ont déjà été libérées, dont des ressortissants étrangers, l’ancien candidat à la présidentielle Enrique Márquez et la militante Rocío San Miguel. Ces annonces sont toutefois accueillies avec prudence par les familles des détenus encore incarcérés.
L’ONG Foro Penal recensait récemment plus de 800 prisonniers politiques dans le pays, dont un nombre important de militaires. Malgré les engagements officiels, des proches dénoncent des retards et un manque de clarté dans l’exécution des libérations annoncées.
Sur le plan sécuritaire, la situation reste tendue. Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été arrêtés le 3 janvier à la suite d’un bombardement à Caracas ayant causé plus de cent morts. Tous deux ont été transférés à New York pour y être jugés pour trafic de drogue et autres accusations.
Cette arrestation a provoqué une mobilisation de partisans chavistes dans la capitale, où des manifestations se poursuivent depuis plusieurs jours. Les protestataires dénoncent une ingérence étrangère et rejettent toute domination américaine sur le pays.
Delcy Rodríguez a pour sa part affirmé ne reconnaître aucune tutelle de Washington. Elle a indiqué avoir échangé avec les dirigeants du Brésil, de la Colombie et de l’Espagne afin de dénoncer ce qu’elle considère comme une agression des États-Unis, tout en privilégiant la voie diplomatique.
La question pétrolière occupe une place centrale dans les discussions. Les États-Unis souhaitent encadrer la relance du secteur énergétique vénézuélien, lourdement affecté par les sanctions et le délabrement des infrastructures, malgré l’importance stratégique des réserves du pays.
Donald Trump a déclaré que Washington déciderait des entreprises autorisées à opérer au Venezuela, leur garantissant protection et sécurité. Lors d’une réunion avec des dirigeants du secteur pétrolier, plusieurs responsables ont toutefois exprimé leurs réserves face à l’instabilité juridique persistante.
Sur le plan régional, les États-Unis maintiennent une forte pression dans les Caraïbes, notamment par l’arraisonnement de navires transportant du brut vénézuélien. En parallèle, des signes d’apaisement sont apparus avec la Colombie, où une coopération contre le narcotrafic est évoquée.
Malgré ces évolutions, l’avenir politique du Venezuela demeure incertain. L’opposition continue de réclamer la reconnaissance du scrutin présidentiel de 2025, tandis que la communauté internationale, y compris le Vatican, appelle au respect de la volonté populaire et à une désescalade durable.