Figure de la littérature haïtienne pendant plus de 70 ans, elle laisse une œuvre durable, marquée par l’exil, la mémoire et l’identité culturelle
Michèle Voltaire Marcelin, écrivaine, poète, actrice et artiste visuelle haïtienne reconnue pour ses œuvres sur l’exil, la dictature et l’identité haïtienne, est morte le 29 avril à l’âge de 70 ans. Sa mort, annoncée par son mari Jocelyn McCalla sur Facebook, a provoqué une vague d’hommages en Haïti, à New York, Montréal, Paris et dans plusieurs communautés de la Diaspora haïtienne.
Née à Port-au-Prince le 3 décembre 1955, Michèle Voltaire Marcelin quitte Haïti en 1971 pour le Chili, où son frère Frantz Voltaire étudiait et enseignait. Après le coup d’État militaire chilien de 1973, elle est arrêtée avec des membres de sa famille avant d’être libérée quelques jours plus tard. Elle s’installe ensuite à New York, où elle construit une carrière artistique marquée par les thèmes de la mémoire, de la violence politique et de l’exil.
Son roman La Désenchantée, publié en 2006 et situé sous la dictature de François Duvalier, demeure l’une de ses œuvres les plus connues. Elle a aussi écrit de la poésie et participé à plusieurs productions théâtrales et films du réalisateur haïtien Raoul Peck, notamment Haitian Corner et The Man by the Shore.
Au fil des années, Voltaire Marcelin est devenue une figure importante de la transmission culturelle haïtienne, collaborant avec des institutions comme le CUNY Haitian Studies Institute et Haiti Cultural Exchange. Elle participait régulièrement à des ateliers, lectures et projets artistiques destinés aux jeunes de la communauté haïtienne.
Plusieurs artistes, écrivains et militants ont salué une femme engagée, généreuse et profondément attachée à Haïti et à sa Diaspora. Pour beaucoup, son héritage continuera de vivre à travers ses œuvres, sa voix et les générations d’artistes qu’elle a inspirées.