L’ONU appelle à viser les réseaux qui soutiennent les gangs en Haïti

Le Groupe d’experts estime que les opérations menées depuis décembre ont réduit l’emprise territoriale des groupes armés, mais juge ces gains fragiles.
Visuel de presse publié par HaitiLibre avec son article sur le calendrier de déploiement de la Force de répression des gangs (GSF). Visuel de presse publié par HaitiLibre avec son article sur le calendrier de déploiement de la Force de répression des gangs (GSF).
Visuel publié par HaitiLibre avec son article sur le calendrier de déploiement de la Force de répression des gangs (GSF). Le contenu exact du visuel n'a pas pu être vérifié visuellement dans cet environnement. Crédit : HaitiLibre.
Résumé de l'article
Le rapport final du Groupe d’experts met en lumière des réseaux qui facilitent l’action des gangs et fragilisent les avancées sécuritaires.

Le Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti appelle les autorités et leurs partenaires à ne pas limiter la réponse aux chefs de gangs. Dans son rapport final remis au Conseil de sécurité, il estime que les groupes armés continuent de tirer parti de réseaux politiques, économiques et sécuritaires qui facilitent notamment leurs financements, leurs déplacements et l’accès à des informations.

Le document, qui couvre la période d’octobre 2025 à juillet 2026, relève que les opérations menées depuis décembre ont freiné l’expansion des gangs à Port-au-Prince et permis de reprendre certains secteurs, dont des zones du centre-ville et de Delmas. Les experts évaluent leur contrôle territorial à environ 70 % de l’aire métropolitaine, contre 85 % dans une estimation antérieure. Ils soulignent toutefois que ces gains restent fragiles, faute d’une stratégie nationale de sécurité, de moyens suffisants et d’un suivi permettant de stabiliser durablement les zones reprises.

Le rapport insiste sur le rôle des appuis extérieurs aux groupes armés. Il évoque des liens persistants avec des acteurs de l’État et du secteur privé, ainsi que des cas de collusion impliquant des policiers, susceptibles d’entraver les enquêtes et les opérations. Il documente aussi des filières d’approvisionnement en armes et en munitions, dont une partie serait liée à des stocks perdus ou revendus, tandis que les armes continueraient d’entrer dans le pays depuis les États-Unis.

Les experts consacrent plusieurs sections à des personnes citées dans leurs investigations pour des liens présumés avec des gangs ou des réseaux de soutien. Ces éléments relèvent des constats du Groupe d’experts et doivent être distingués de décisions de justice. Le rapport indique notamment avoir reçu des réponses de certaines personnes mises en cause et avoir examiné leurs observations avant de maintenir ses conclusions.

La situation sécuritaire demeure marquée par de lourdes violences, particulièrement dans la région métropolitaine, le Bas-Artibonite et Kenscoff. Le document fait état de morts, de déplacements et d’atteintes graves contre des civils au cours de la période étudiée. Il recommande de mieux contrôler les armes et les munitions, de renforcer les capacités de la Police nationale d’Haïti et d’appliquer plus efficacement le régime de sanctions de l’ONU.

Pour les experts, la pression contre les gangs devra donc viser à la fois les groupes armés et les mécanismes qui leur procurent argent, armes, informations ou protection. Le rapport ne présente pas cette approche comme une solution immédiate, mais comme une condition nécessaire pour consolider les avancées sécuritaires encore précaires.

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