Au début du mois de novembre, les vivants vont au cimetière de Dilaire, à Ouanaminthe, près de la frontière dominicaine. Les 1er et 2 novembre, pendant la Fèt Gede, des pratiquants du Vodou y portent du café, des plats et des fleurs pour leurs proches disparus. Pour eux, ce n’est pas seulement une date du calendrier. C’est un moment pour être de nouveau près de leurs morts.
Le prêtre vodou Jocelyn Jean-Baptiste a expliqué le sens de ces gestes dans une interview publiée le 2 novembre par The Haitian Times. Selon lui, l’offrande est d’abord une marque d’affection envers ceux qui sont partis. Dans la pratique spirituelle qu’il décrit, elle sert aussi à garder vivant le lien avec les ancêtres.
L’entretien s’est déroulé dans son péristyle. Le média présente Jocelyn Jean-Baptiste comme un serviteur de l’esprit Ogou Feray. Il parle des rites qu’il observe dans sa propre communauté, et son récit ne représente pas toutes les communautés vodou d’Haïti.
En plus du café, des fleurs et de la nourriture, le prêtre parle de poudre blanche et de piment. Pour lui, ces éléments sont liés à la présence des esprits. C’est l’explication d’un pratiquant rencontré sur place, pas une règle que tous les fidèles suivent de la même façon.
Dans la tradition vodou haïtienne, la Fèt Gede est consacrée aux Gede, les esprits liés à la mort, et à la mémoire des défunts. Selon les régions et les communautés, elle prend la forme de cérémonies, de visites au cimetière et de différents gestes de souvenir.
À Dilaire, le témoignage de Jocelyn Jean-Baptiste montre surtout le côté intime de cette fête. Les familles vont voir leurs disparus et leur apportent ce qui, à leurs yeux, mérite encore d’être partagé avec eux.